Le Japon et la Chine se rapprochent à l'ère de la guerre commerciale américaine Le Japon et la Chine se rapprochent à l'ère de la guerre commerciale américaine

Le Japon et la Chine se rapprochent à l'ère de la guerre commerciale américaine

Shinzo Abe entame une visite de trois jours à Pékin. C’est la première visite officielle d’un Premier ministre japonais en Chine depuis sept ans. En 2012, la nationalisation par les Japonais des îles Senkaku, appelée Diaoyu par les Chinois qui veulent les contrôler, avait considérablement accru les tensions entre les deux pays.

Avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, la situation a sensiblement changé pour les deux pays. Pékin comme Tokyo ont tout intérêt à améliorer leurs relations. La Chine cherche un soutien pour contrer les très nombreux droits de douane imposés par les Etats-Unis. À une échelle moindre, Tokyo a le même problème : être le principal allié de Washington dans la région ne l’a pas empêché de subir des taxes sur l’acier et l’aluminium.

« Shinzo Abe comme Xi Jinping comprennent parfaitement que pour avoir une meilleure économie, il faut que les relations politiques soient meilleures, souligne Hosoya Yuichi, professeur de relations internationales à l'Université Jeio de Tokyo. En 2010-2011, à cause des Senkaku, nous avions une relation très tendue. La Chine a alors tenté de séparer les questions politiques des relations économiques, mais elle n’y est pas arrivée. Pour Shinzo Abe comme Xi Jinping, l’objectif numéro un, c’est l’économie de son propre pays. Il y a toujours beaucoup de sujets de tensions, mais tant qu’ils restent pragmatiques, ils vont continuer à établir une meilleure relation. »

Shinzo Abe se rend donc en Chine avec pas moins de 500 hommes d’affaires. Pékin a beau être le premier partenaire commercial de Tokyo, les entreprises japonaises veulent un meilleur accès au marché chinois. Et la Chine est intéressée par la technologie japonaise et le savoir-faire de ses entreprises.

Partenariats en Asie

Les deux pays pourraient annoncer des investissements communs dans des pays tiers, par exemple les Philippines. Et le Premier ministre japonais a fait part de son intérêt pourles nouvelles routes de la soie, rappelle de Naoko Eto, chercheuse à l'Institut de développement économique de Chiba.

« Le Japon veut coopérer avec la Chine dans des pays tiers, parce que ce que la Chine fait avec ses routes de la soie semble maintenant problématique. Tokyo veut donc atténuer ces problèmes, et dans le même temps profiter d’une coopération économique. Par exemple en Thaïlande, ou en utilisant le chemin de fer qui va de Chine jusqu’en Europe. Je pense qu’à l’origine, le secteur privé au Japon voulait une meilleure relation économique avec moins de risques politiques. »

Pékin et Tokyo ont tout intérêt à surmonter les tensions, explique Naoko Eto. « Les deux pays pensent qu’une meilleure relation bénéficiera au nord-est asiatique. Nous savons que nous devons prendre en compte les disputes territoriales, mais nous cherchons les zones sur lesquelles nous pouvons coopérer, et montrer au monde cette coopération. »

Eviter les tensions

Shinzo Abe comme Xi Jinping devraient donc éviter le sujet qui fâchent, comme les ambitions chinoises en mer de Chine méridionale. La semaine dernière encore, le Japon protestait contre une nouvelle incursion de navires chinois à proximité des îles Senkaku.

Mais l’objectif de cette visite est bien un retour à la normale des relations. Shinzo Abe devrait en profiter pour inviter Xi Jinping à venir au Japon. Le président chinois qui, de son côté, pourrait rapidement prêter des pandas géants au Japon.

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